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Koolada et agents frais dans la vape

« Acteur historique de la vape française, VDLV est reconnu pour son expertise scientifique. Pour le moment, ils ont banni les Koolada et autres agents frais de leur production. Nous avons demandé à Vincent Cuisset de nous expliquer sa position.

 

E-cig magazine : Vous faites partie des marques françaises qui se refusent à utiliser des agents frais synthétiques, type koolada. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Vincent Cuisset : Comme c’est le cas de beaucoup de molécules utilisées dans la vape, l’emploi d’agents frais dans les e-liquides est relativement récent. A ce jour, il n’existe pas d’élément inquiétant qui justifierait d’écarter ces produits de la composition des e-liquides. Mais il n’y a que peu d’informations disponibles quant à leur innocuité en inhalation et leur stabilité thermique.

Si VDLV n’utilise pas encore d’agents frais synthétiques, c’est principalement à cause de ce manque d’informations. Le grade alimentaire d’un arôme ou d’un agent aromatisant est loin d’être un paramètre suffisant pour intégrer notre cahier des charges vapologique. Nous devons nous assurer qu’ils soient compatibles, en inhalation, en réalisant pour cela des études centrées sur la dégradation de ces composés en vaporisation.

Avec son centre de recherche, VDLV mène depuis plusieurs mois un travail de fond sur ce type de composés, avec une mise en oeuvre de plans d’expérience et de méthodes analytiques qui prennent beaucoup de temps. Si les résultats sont satisfaisants, nous pourrons réfléchir à une éventuelle utilisation de ces molécules dans nos produits.

E-cig magazine : Vous avez pourtant dans vos différentes gammes plusieurs liquides fruités et frais. Qu’utilisez-vous à la place des agents frais ?

V.C : A la place des agents frais de synthèse, que nous appelons dans la vape « koolada », nous utilisons, à l’heure actuelle, des molécules naturelles comme le menthol ou l’eucalyptol. Comme pour n’importe lequel de nos arômes, nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs afin qu’ils puissent nous proposer des solutions en adéquation avec nos exigences de composition.

De plus, nous surveillons de près la concentration de ces molécules dans nos arômes afin de trouver le bon équilibre entre sécurité pour le consommateur, saveur et effet de fraîcheur.

E-cig magazine : Justement, il apparaît que le menthol peut s’avérer délicat à employer dans l’e-liquide, à cause de sa faible solubilité dans le PG/VG, et qu’il impose des dosages supérieurs à ceux des agents frais. Comment évitez-vous ces écueils ?

V.C : Effectivement, l’utilisation excessive du menthol dans les produits du vapotage soulève certaines problématiques. Techniques d’abord, car comme vous le dites, sa relative faible solubilité dans une matrice PG/VG nécessite un travail de formulation avant production, mais également tout un encadrement lors de la fabrication des produits en contenant. Sur le plan toxicologique, sa présence fait débat, notamment à cause de son effet bronchodilatateur. Certains pays réfléchissent à une réglementation spécifique quant à l’emploi de cette molécule dans les produits du vapotage.

Mais si le menthol soulève certaines interrogations, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que son utilisation engendre plus de risques pour le vapoteur que celle des koolada synthétiques.

Soulignons, enfin, que le jugement posé sur le menthol paraît bien sévère quand on sait que des fabricants ajoutent, aujourd’hui, des additifs à fort potentiel toxique (comme le sucralose) sans que leur utilisation ne soit remise en question par la réglementation et, souvent, à l’insu des consommateurs. Mais là, il s’agit d’un autre débat…

E-cig magazine : Face à la mauvaise réputation, apparemment injustifiée, du koolada, certaines marques ont développé leur propre agent frais. Est-ce l’un de vos projets ?

V.C : Comme dit précédemment, si la mauvaise réputation du koolada est effectivement injustifiée, son inhalation n’est pas sans soulever certaines interrogations. Elles sont malheureusement sous-estimées, voire occultées par de nombreux fabricants.

VDLV ne s’interdit aucun projet de développement. Nous restons attentifs aux besoins de nos clients et, à ce titre, nous observons attentivement le potentiel des agents frais dans les e-liquides. »

 

retranscription de l’interview de Vincent Cuisset, PDG de VDLV, pour E-Cig Magazine n°23 des mois de Mars-Avril-Mai 2019.

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