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Présentation du marché de la cigarette électronique en France

Début avril 2024, l’association Sovape était auditionnée par la Commission des affaires sociales du Sénat. L’occasion de présenter son analyse sur la politique antitabac française et de proposer des pistes pour sortir de l’impasse. Ici, nous vous proposons de prendre connaissance du rapport détaillé point par point que l’association a fait parvenir au Sénat.

Précédemment nous mettions en avant les premiers points de l’analyse fournie par l’association :

Pourquoi le taux de prévalence tabagique se maintient-il à un niveau élevé en France ?

Quelles sont les principales études relatives à la cigarette électronique comme moyen de sortie du tabagisme ?

Quelles sont les principales études relatives au risque que la cigarette électronique serve d’entrée dans le tabagisme ?

Quelles sont les principales études relatives aux risques sanitaires de la cigarette électronique ?

Continuons par le cinquième point. Nous rappelons que les propos énoncés ici sont tirés de la contribution apportée devant le Sénat par l’association Sovape. Vous pouvez retrouver l’intégralité de leur contribution ici.

Présentation du marché de la cigarette électronique en France, ses principaux enjeux, et ses perspectives d’évolution, compte tenu notamment de celles observées dans d’autres pays.

Selon les données de notre enquête Merci la vape en 2023 auprès de 40 000 vapoteurs en France, près de 57 % d’entre eux envisageraient de recourir à des sources parallèles en cas d’interdiction d’arômes, et un tiers pourraient recommencer de fumer.

Nous n’avons pas de données économétriques, à notre connaissance le cabinet Xerfi est la meilleure source en France sur ce sujet. Pour donner quelques points de repères sur les usages pour fixer le contexte à nos données d’enquête auprès de 40 000 vapoteurs en 2023, plus spécifiquement sur l’usage d’arômes, nous précisons que les données de Santé publique France en 2022 (non publiées) montrent que 7,3 % des adultes vapotent en France, soit près de 4 millions de personnes (sur ~60 millions d’adultes). Parmi eux, 43 % (soit 3.1 % de la population) ont déjà arrêté de fumer, tout en continuant de vapoter, soit 1,8 million de personnes. SPF a estimé qu’il y a aussi 2,1 % de personnes ayant arrêté de fumer et arrêté de vapoter, soit 1,2 million de personnes. Au total, environ 3 millions de personnes ont cessé de fumer en utilisant la vape.

Ce volume d’arrêts tabagiques liés au vapotage correspond approximativement à la chute de tabagisme entre 2014 et 2019. Cela ne signifie pas que tous les arrêts tabagiques sont provoqués par la vape, mais cela montre que l’augmentation du volume d’arrêts tabagiques grâce à la vape permet de briser le plafond de verre sur lequel les politiques antitabac françaises ont buté en son absence avant 2014, et depuis son traitement par l’hostilité par la DGS et la Mildeca depuis 2019.

Parmi les vapoteurs actuels recensés par SPF, 41 % des vapoteurs fument encore au quotidien, tandis que 14 % fument occasionnellement. Parmi ces double usagers, un tiers déclare ne pas vouloir arrêter de fumer. Une particularité constatée avec le vapotage est que des fumeurs n’ayant pas l’envie (ou le projet) préalable d’arrêter de fumer peuvent finalement arrêter “juste” en ayant essayé la vape par curiosité. Il est également fréquent que l’arrêt tabagique passe à travers une transition progressive avec un usage concomitant du vapotage, et/ou de substituts nicotiniques pharmaceutiques. Selon une récente analyse de données de 2013 à 2021 en population américaine, les double usagers sont en proportion près de deux fois plus à arrêter de fumer que les fumeurs exclusifs.

Concernant l’usage d’arômes :

D’après les données de l’enquête Merci la vape, auprès de 40 000 usagers en France en 2023 recrutés à travers les boutiques spécialisées en vapotage indépendantes des cigarettiers (Fivape) et sur les supports des associations de défense au droit à la réduction des risques face au tabagisme (SOVAPE), des droits des utilisateurs de vape (AIDUCE), de soutien à l’arrêt tabagique pour les précaires (La Vape du Cœur) :

  • 6% des vapoteurs utilisent exclusivement un e-liquide arôme tabac, tandis qu’ils sont 12 % à utiliser au moins parfois un e-liquide arôme tabac. Ce sont les vapoteurs qui ne seraient que peu ou pas touchés par une interdiction d’arômes ;
  • En miroir, 88 %des vapoteurs n’utilisent jamais un e-liquide goût tabac et 94 % utilisent au moins un e-liquide avec un arôme autre que le goût tabac. La quasi-totalité des vapoteurs serait donc impactés par la proposition d’interdiction du type « CNCT » ;
  • 58% des vapoteurs utilisent un des arômes autres que tabac, menthe, menthol ou fruités. C’est la part de vapoteurs qui verrait au moins un de leurs arômes utilisés interdit par la proposition d’interdiction du type « Imperial Tobacco Seita ».

Parmi les vapoteurs ayant arrêté de fumer, 88 % ont déclaré que la diversité des arômes à participer à les détourner du tabagisme.

Face à une interdiction d’arômes, les vapoteurs sont :

  • 57% à envisager de recourir à des sources parallèles
  • 32% à envisager de recommencer à fumer
  • 17% à envisager d’arrêter de vapoter
  • 14% à continuer de vapoter le goût autorisé

Concernant l’âge des acheteurs de vape et de tabac :

SOVAPE n’est pas une association de professionnels, ni a fortiori de professionnels vendeurs de tabac. Nous nous appuyons sur les données publiques ou les enquêtes que nous menons auprès des usagers.

Concernant les adolescents, on peut constater dans les mesures de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) que le ratio entre expérimentation et entrée dans un usage régulier est fortement contrasté entre la cigarette et le vapotage. En moyenne, environ 1 jeune sur 2 qui essaie une cigarette devient fumeur régulier, la plupart au quotidien et à très long terme. Tandis que le ratio entre expérimentations du vapotage et usages réguliers occasionnels est d’approximativement 1 pour 10 à 17-18 ans.

Cependant, pour des raisons éthiques, aucune étude clinique n’a été entreprise pour déterminer ce point. Un suivi en population de jeunes sur long terme pourrait permettre de préciser la part de consommation régulière à long terme de vapotage chez des personnes initialement naïves à la nicotine, et clarifier les diverses trajectoires d’usages dans le temps. À notre connaissance, cela n’a pas été entrepris.

Sur nos observations de terrain, l’expérimentation de vapotage chez les adolescents se passe pour la plupart sans nicotine. Cette observation apparaît consistante avec le taux élevé d’expérimentation suivi d’un faible niveau d’usage régulier relevé par l’OFDT, ainsi que les deux évaluations de l’INSERM et de SPF d’une réduction du risque d’entrer en tabagisme pour les adolescents qui essaient en premier le vapotage.

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